Michel Fernandez Quartet Jazz Magazine août 2017

Mélanges de rages par Nicolas Béniès US mag juin 2017

 Mélanges de rages

 

Michel Fernandez, saxophoniste ténor et soprano, s’est lancé, avec un nouveau quartet, Joël Sicard au piano, François Gallix à la contrebasse, Nicolas Serret à la batterie, dans un nouveau projet. Ses références essentielles se trouvent dans les années de feu de la décennie 1960- 70, celles du free-jazz, de l’afrobeat, de toutes ces musiques qui se voulaient contestataires. Il en réalise une synthèse pour faire fructifier cet héritage. Brazza Cry vous fera tanguer,danser et même bouleverser pour retrouver la transe tout en provoquant la réflexion sur le colonialisme... Cet album, le dernier publié du vivant du producteur Gérard Terronès est un bel hommage à son travail.

 

Nicolas Béniès  L’US MAG , L’Université Syndicaliste du 10 juin 2017

 

 

Brazza Cry, Michel Fernandez quartet,

Disques Futura et Marge.

 

 

Le nouvel album de Michel Fernandez:chaud comme la brazza

BLUE NOTES

Le nouvel album de Michel Fernandez : chaud comme la Brazza !

 

VINCENT MORIN

 

L’été est là, avec dans ses bagages chaleur et voyages. Le nouvel album de Michel Fernandez, Brazza Cry, est donc sorti au bon moment pour nous emmener vers des contrées lointaines. Il nous convie à un parcours éclectique et agréable en Andalousie, au Maroc ou bien encore au Nigéria. Plus intense que le précédent « Passages », ce Brazza Cry est un bon cru, alors ne perdez pas de temps, embarquement immédiat!

 

L’effectif de ce nouvel album est à l’image de son répertoire, un peu d’ancien et un peu de nouveau. Michel Fernandez et François Gallix, toujours aux saxophones et à la contrebasse respectivement, sont ici rejoint par Nicolas Serret à la batterie et Joël Sicard au piano. Batteur et bassiste se connaissent bien cependant puisqu’ils jouent ensemble dans le Magnetic Orchestra (dont un concert est d’ailleurs à venir à « Jazz à Vienne », ce mardi 4 juillet avec Anne Sila au chant).Dans la ligné de ses albums précédents, le saxophoniste nous propose des titres éclectiques et métissés. Cette envie de mélanges authentiques est présente dans la diversité de ses compositions aussi bien que dans ses choix de reprises. Don Cherry, Tawfik Ouldammar, John Tchicai et Fela Kuti ont beaucoup oeuvré pour gommer les frontières et fusionner les musiques de l’Afrique avec celles de l’Occident. Le voyage commenceLa première étape est en Andalousie avec Almeria. L’ambiance est ici mystérieuse et mystique, avec une intro toute en bruits et bruissements d’instruments. Ici au saxophone soprano, Michel Fernandez construit une transe comme il les affectionne. Coltrane n’est jamais bien loin sur ses albums et l’on retrouve là un soprano virtuose planant au dessus d’une rythmique bien touffue.Première reprise (de reprise), Birdboy de Don Cherry (sur l’album Multikulti), sonne plus enjoué et plus intense que sa version précédente sur « Passages ». Le tempo est soutenu et le groupe ne relâche jamais la pression, à tel point que l’on finit ce titre essoufflé. Cette interaction avec le corps est, selon moi, un bon signe que la musique a atteint son but. Si pour Almeria, le saxophone se taillait la part du lion, c’est ici le piano qui brille le plus sur une improvisation bien développée.La tempête passée, arrive Léa, qu’on imagine dédié à la fille du saxophoniste. L’ambiance est plus douce sur ce titre qui sonne comme une berceuse (au sens lullaby des standards de Jazz). Le thème est délicatement chanté par un ténor tout en velouté. Jamaa El-Fna de Tawfik Ouldammar, également présente sur « Passages », débute par une longue improvisation de contrebasse évoquant un chant africain. Commence ensuite un riff de piano, bien entrainant, qui ne lâche rien jusqu’à la fin du morceaux. Thème et improvisations sont à nouveau très denses sur ce titre qui évoque effectivement les musiques du Maghreb avec un saxophone soprano haut perché et entêtant, comme le ghayta. Vient ensuite Brazza Cry, titre éponyme de l’album, lui aussi très coltranien et africain (surtout sur l’introduction au saxophone). Symbole de l’album, ce morceau m’a malheureusement paru un ton en dessous des autres. La rythmique y reste solide mais le saxophone m’a semblé moins sûr de son propos. Seven for Tchicai de John Tchicai, repart cependant de plus belle. Comparée à la version de « Passages », le tempo accéléré de celle-ci atténue légèrement le côté lamentation de l’introduction. Il amène également des improvisations de piano et batterie très virtuoses.Pour finir en beauté et avec le sourire, Colo-Mentality de Fela Kuti, nous transporte en plein territoire Afrobeat (avec une pointe d’Afroblue?). On y retrouve un saxophone ténor très en verve, ample, chantant et déclamé comme celui de Fela. Le contrebassiste ne lâche pas son groove afro de tout le morceau tandis que le piano apporte par moments une couleur rétro un peu 60’s. A noter un très bon tandem saxophone / batterie sur les improvisations finales.  Vincent Morin JAZZ’IN LYON  03/07/2017

Presse nationale

Michel Fernandez Quartet & Julia Kadel Trio à Jazz à cours et à jardins

 

C'est la première fois que le festival élit domicile à Oullins. Le jardin amphi Arcé de la Maison des Enfants accueille les artistes et le public dans la verdure du parc et les couleurs chatoyantes des œuvres plastiques qui parent le lieu. François Dumont d'Ayot nous livre son traditionnel mot d'accueil avant de présenter le premier groupe programmé.

 

Le batteur Nicolas Serret, le contrebassiste Stéphane Rivero, le pianiste Joël Sicard et le saxophoniste Michel Fernandez prennent place face au public qui, tranquillement, s'installe dans l'amphithéâtre de verdure ou dans le "tunnel-chenille" de José Arcé et Yves Henry.

Une composition de Don Cherry est entamée au saxophone ténor avant de réunir le quartet qui tourne comme une horloge. Surfing around du pianiste est plus calme et permet d'entendre plus de nuances. La contrebasse ouvre seule le troisième thème, rejointe par le piano et la batterie qui vont mettre en valeur le son du saxophone soprano. Ensuite, c'est un duo que nous proposent le ténor et la contrebasse, jouée essentiellement à l'archet. Une ballade précède le dernier morceau du set s'ouvrant par une introduction incantatoire au ténor rejoint par les autres musiciens avant que le piano ne lance un tempo très rythmé tandis que les baguettes succèdent aux mailloches et que l'archet est délaissé au profit des doigts sur les cordes pour offrir un final tonitruant. Un rappel nous est offert, démarré par un fort sympathique solo de batterie aux mailloches suivi du retour de la contrebasse et du piano annonçant et soutenant le ténor qui alterne les solos avec le piano pour terminer sur un duo batterie/mailloches et contrebasse/archet. Le quartet de Michel Fernandez a du métier et leurs influences africaines et jazz sont bien mises en valeur par des instrumentistes qui mettent beaucoup de chaleur dans leurs interprétations avec un batteur solide, un contrebassiste qui fait claquer, un pianiste percutant et un saxophoniste chaleureux portant fièrement une chemise afro arborant saxophones et palmiers. 

Après quelques mots du directeur artistique et du sénateur maire qui constate qu'une grande partie du public n'est pas oullinoise, nous assistons à l'installation du trio allemand invité en partenariat avec le Goethe Institut.

La jeune* pianiste berlinoise Julia Kadel, le contrebassiste Karl-Erik Enkelmann et le batteur Steffen Roth nous proposent un jazz très contemporain fait de compositions originales ou de purs moments d'improvisation. La recherche d'univers sonores variés et le plaisir de jouer font plaisir à voir et à entendre. Une grande fraîcheur, une remarquable fluidité dans le jeu, tout concourt à partager ce plaisir d'écouter et d'être écouté. Une ouverture très impressionniste faite de notes de pianos graciles, de frottements d'archet sur la corde de mi, de balais frottant les peaux ou cognant une cloche. Ce premier morceau n'a pas encore de titre... La seconde pièce aime à jouer sur les ruptures, qu'elles soient de tempi, de rythme ou de sonorités : tout semble à la fois maîtrisé et improvisé, la pianiste aimant à concentrer son jeu sur les extrémités du clavier. Tous les trois sont debout pour le troisième morceau. Julia joue avec le clavier et les cordes du piano, Karl frappe les cordes avec l'archet, Steffen fait grincer l'extrémité de sa baguette sur les cymbales avant de déposer quelques percussions sur un tissu posé à même la caisse claire... Mêlée au chant des oiseaux du parc, la contrebasse introduit un thème très doux et délicat suivi au piano, plutôt médium cette fois, et à la batterie devenue objet de percussion. De facture plus classique, apparemment plus écrit, le cinquième morceau s'appuie sur une rythmique très enlevée alors que, sous un ciel menaçant, l'organisation protège le piano sous un barnum monté à la hâte. Le concert se termine malicieusement avec Regentag (Jour de pluie) sous de vraies gouttes de pluie. La veille, le trio était bien à l'abri au Goethe Institut de Paris.

Pour ceux qui n'étaient pas à Oullins, on peut aussi les écouter grâce aux deux cds parus chez Blue Note (Julia Kadel Trio : "Im Vertrauen" et "Über und Unter") 

* Signe du destin, Julia Kabel est née l'année de l'inauguration du "tunnel-chenille" ! 

Christian Ferreboeuf & photos François Dumont d'Ayot 

 

 

Brazza Cry Michel Fernandez Quartet  Disques Futura et Marge

 

Michel Fernandez vient de sortir un nouvel album signé chez le prestigieux label Futura et Marge de Gérard Terronès.

Issu de la mouvance free des années 80 et après de nombreuses expériences de fusion avec les musiques africaines, Michel Fernandez a enregistré de nombreux albums sous son nom pour les labels indépendants français et étrangers (Rdc Records, Cristal Records , Futura Marge, Steeple Chase...) Il a respiré les grands airs de la liberté avec le Célestrial Communication Orchestra (Paris) dirigé par Alan Silva puis avec le célèbre saxophoniste John Tchicai (pionnier de la New Thing à New-York et ancien compagnon de John Coltrane). Son jeu post-free porte aussi la trace de ses longs séjours en Afrique noire et au Maghreb en tant que leader de nombreux groupes dans les festivals panafricains (DakarJazz Festival, Congo n’dule festival, Casajazz festival…) où il croise son sax avec Fela Kuti. Prix de composition Sacem, reconnaissance de la Commission Adami « Chef d’Orchestre et soliste » il est récompensé « Talent Jazz actuel" Festival de Vienne 2005.

Références transparentes aux mouvements du free-jazz et de l’afro-beat, Michel Fernandez réalise une synthèse de ces deux influences historiques de la musique improvisée : improvisations expressives et lâchées, jeux contraires et pluriels donnent à entendre un jazz coloré vivant dans toute son âpreté sonore. Des compositions originales et quelques reprises de Don Cherry, Ornette Coleman, John Coltrane, Art Pepper inscrivent le saxophoniste dans l'horizon du jazz postbebop qui éclate les formes traditionnelles pour revendiquer une liberté créative. Les mélodies et les rythmes cherchent parfois une transe hypnotique dans les univers du Sud.Ces turbulences sont un appel au voyage et enrichissent l’équilibre rythmique et festif de l’édifice sonore.

                                                                                                                         Jazz in situ

 

 « Trane, Ayler, Fela et Pharoah ; l’ombre de la New Thing et celle de Mother Africa. Pas besoin d’être un crac des blind-tests. Leur empreinte est transparente, Michel Fernandez ne s’en cache pas. L’Afrique noire il la connaît pour lui avoir donné quinze ans de sa vie. Un quartet contemporain original, riche et chaud aux chorus ouverts sur le voyage » .

 Jonathan Duclos-Arkilovitch Jazzman Jazz magazine 

 

« Une musique mature où se fait entendre le jazz en mouvement qui vire, à l’occasion, sans lourdeur vers les musiques du Sud… »

Sylvain Siclier Le Monde

 

« Le soleil dans le jazz, Michel Fernandez a respiré de grans airs de liberté avec le saxophoniste noir John Tchicai…Une pérégrination aux accents du Sud loin des circuits exotiques commerciaux … »

Fara C. L’Humanité

 

 

 

« Le quartet fait la preuve que l’énergie, le plaisir de jouer, de créer, ne font pas partie du passé. Ils partagent cette intensité de cette musique qui ne supporte pas la tiédeur. Il faut insister sur l’allégresse qui fait la preuve que ce quartet fonctionne (...).Une musique issue des profondeurs mémoriels des années de feu. Un peu de love suprême, un peu de l'Albert et Vous-même... »

Nicolas Béniès    Le Souffle bleu 

 

 

« On est bien dans un univers bâti à l’ombre des maîtres des années 60 et 70 et ça n’a rien d’étonnant puisque Michel Fernandez a forgé son style au Danemark aux côtés du maître John Tchicai, un des pionniers de la new-thing. Avec une sonorité pleine et chaleureuse qui aborde à bras le corps toute la tessiture de l’instrument, en particulier au ténor. Michel Fernandez est de ces saxophonistes qui préfèrent l’expressivité à la technicité affûtée. On le situera ainsi plus du côté d’Archie Shepp, Gato Barbieri (jeune !) voire David Murray que de Michael Brecker ou Chris Potter . »

Culture Jazz Thierry Giard

 

 

 

Michel Fernandez séduit par l’émotion que porte son souffle . Photo DR

Le dernier témoignage discographique de Michel Fernandez s’intitule Brazza Cry. Ce fils spirituel d’Archie Shepp a croisé son sax avec celui du Danois John Tchicai, autre disciple de l’instigateur d’Attica Blues. Longtemps étiqueté avant-garde, Fernandez demeure un saxophoniste qui cherche à mettre en avant les racines africaines du jazz. Son admiration pour John Coltrane et Fela Kuti ne font pas mystère. Il suffit de l’écouter et de se laisser séduire par la grande spiritualité qui se dégage de son instrument et de ses compositions.

 

 

 


« … Michel Fernandez est manifestement fasciné par ses aînés John Coltrane et Sonny Rollins. Il aurait pu se contenter de pasticher l’objet de sa fascination. Il a préféré prendre distance et s’inventer un univers qui porte la marque et la puissance de sa personnalité… »

Frédéric Bruckert – Le Progrès.

 

« … Un jazz puissant qui sur la solide armature de son immense technicité ne perd jamais sa capacité à s’échapper des codes…  »

Yves Bourguignon – Congo Ndule Jazz Festival

 

« … Le souffle de la liberté avec Michel Fernandez…un répertoire original résonnant son désir d’ouverture sur le monde…»

Jean-Paul Chazalon – Rhino Jazz Festival

 

«  D’un style contemporain très étudié, rendant hommage à Ornette Coleman et John Tchicai et, remettant en mémoire l’esprit de la New Thing, cela sans nostalgie … »

Gérald Mathieu – Jazz Notes

 

« C’est parti pour les mouvements divers qui oscillent dans une modernité où se mêlent le free sans outrance, la reconnaissance d’une tendance européenne très actuelle, l’Afrique dans toute son âpreté sonore…»

Guy Lefebvre – Festival Suivez Le Jazz

 

« … Une vraie évasion musicale qui nous invite à aller faire plus ample conaissance avec les influences afrcaines dans le jazz …»

L’indépendant

 

«  Voilà du jazz qui accroche l’oreille à la première écoute. Il est signé Michel Fernandez dont le son fiévreux est au service de l’aventure qu’on appelle improvisation… »

Midi Libre

 

«  Michel Fernandez nous offre un album coloré dans lequel il exprime sa virtuosité à travers une musique originale et dansante, un free Jazz limpide et maîtrisé. Chapeau l’artiste ! »

Christian Delvoyage – Jazz-o-thèque

 

«  Les compositions du leader ouvrant les voies free d’un voyage sans limites qui peut nous faire rêver de Pointe-Noire à Almeria … »

Pierre Lapijover – Jazz Forum International

 

« …Une musique mature où se fait entendre le jazz en mouvement, qui vire, à l’occasion, sans lourdeur, vers les musiques du Sud… »

Sylvain Siclier – Le Monde

 

« …A part dans le paysage français, d’une opiniâtreté underground dans l’étalage d’un répertoire original, il motive l’adhésion… »

Francisco Cruz – Jazzman. Le Monde de la Musique

 

« …Du Jazz contemporain original, riche et chaud, aux rythmes précis et aux chorus ouverts sur le voyage… »

Jazz Magazine

 

« Très bons disques, très bon saxophoniste… »

Julien delli Fiori – France-Inter

 

On est bien dans un univers bâti à l’ombre des maîtres des années 60 et 70 et ça n’a rien d’étonnant puisque Michel Fernandez a forgé son style au Danemark aux côtés du maître John Tchicai, un des pionniers de la new-thing. Avec une sonoité pleine et chaleureuse qui aborde à bras le corps toute la tessiture de l’instrument, en particulier au ténor. Michel Fernandez est de ces saxophonistes qui préfèrent l’expressivité à la technicité affûtée. On le situera ainsi plus du côté d’Archie Shepp, Gato Barbieri (jeune !) voire David Murray que de Michael Brecker ou Chris Potter.

 

 

Culture Jazz Thierry Giard

Michel Fernandez Quartet / BRAZZA CRY / Label Futura et Marge

 

New Letter Jazz Rhône-Alpes 22/05/2017

 

 

 

 

 

Michel Fernandez Quartet à Presles

On s'est connu, on s'est reconnu,

On s'est perdu de vue, on s'est r'perdu d'vue

On s'est retrouvé, on s'est réchauffé,

Puis on  s'est séparé. 

Sur le chemin du retour, après le concert du quartet de Michel Fernandez, les paroles de cette chanson ne me quittent pas.

Elle symbolise mon histoire avec ce saxophoniste, ami de très longue date, mais aussi celle qu'il partage avec François Gallix (contrebasse), Joël Sicard (piano) et Nicolas Serret (batterie), mais plus encore celles que nous partageons tous avec Ezio et Christine à l'Auberge de Presles.

Ces moments nous rappellent le tourbillon de la vie et lorsque les retrouvailles permettent la construction d'un projet commun, comme celui qui a réuni ces musiciens autour de la musique et des influences de Michel, c'est à coup sûr une réussite.

Dans la musique de Michel, il y a toute sa vie. L'Afrique, l'Andalousie, le jazz du temps où Ornette Coleman et Don Cherry ouvraient des voies musicales aussi périlleuses pour les musiciens que les falaises de Presles le sont pour les grimpeurs. Ces références ne sont pas faciles à porter aujourd'hui dans un monde prévisible et aseptisé. Michel les assume sans tomber dans le jeu d'un free jazz délirant. Il nous propose avec son quartet une musique profonde et intense dans laquelle on peut se laisser prendre comme dans une transe magnétique.

François amène la puissance et l'énergie de la basse et Nicolas, la pulse métronomique de la batterie. Avec cette section rythmique, on peut aller au bout du monde. Et justement c'est là qu'on va ! Alméria, Brazza, Joël Sicard se révèle au travers d'un jeu aérien, riche, imagé. Ses chorus sont des bandes sons sur lesquelles on se fait des films à la Truffaut. Il enrichit le jeu du quartet d'une touche plus légère.

Après Circling around de Nicolas Serret, le quartet reprend First song de Charlie Haden, Colo-mentality de Fela Kuti, Bird Boy de Don Cherry ou Turn around d'Ornette Coleman. Les références sont là !

Ce quartet est parfaitement uni. Sa cohérence apparaît comme une évidence. Les quatre musiciens plongent littéralement dans chaque morceau, les yeux fermés et se laisse porter pour mieux libérer leur jeu. Le quartet développe alors un univers chaud et riche par lequel on se laisse envahir comme dans la vapeur d'un hammam. On en sort calme et détendu.

Ils viennent d'enregistrer un album ("Brazza cry") sous le label Futura et Marge du regretté Gérard Terrones, amoureux militant du jazz disparu en mars dernier. Il n'aura pas entendu cet album qu'il aurait assurément aimé.

Après ce beau concert dont on a un peu de mal à s'extraire, on se sépare et l'on repart vers nos vies si pleines et rapides, avec une petite chanson dans la tête.

On s'est connu, on s'est reconnu,..... 

Eric Torlini, texte & photos 

 

 

presse Rhône-Alpes

Ce fils spirituel d’Archie Sheep a croisé son sax avec John Tchicai. Etiqueté avant-garde, Michel Fernandez demeure un musicien qui cherche à mettre en avant les racines africaines du jazz. Son admiration pour John Coltrane et Fela Kuti ne fait pas de mystère. Il suffit de l’écouter et se laisser séduire par la grande spiritualité qui se dégage de son instrument et e ses compositions.
Frédéric Bruckert   Le Progrès

 

Un Hot-Club des grands soirs, bondé pour le lancement officiel de l'album "Passages" du quartet de Michel Fernandez, avec plusieurs générations de spectateurs.

C'est surprenant quand on connait le style très free adopté par le saxophoniste. Est-ce à dire que cette musique deviendrait "jazzistiquement correcte" ?

 

Toujours est-il que ce soir nous avons en face de nous un quartet soudé complètement investi dans cette transmission de la musique de Michel Fernandez. Bien sûr on passe en revue tous les titres de l'album (cf la chronique de Gérard Brunel).

 

Ah le live ! Il mérite bien son nom et donne assurément de la vie aux morceaux gravés. Michel Fernandez est heureux et ça se voit, il donne tout ce qu'il a, bougeant comme un sportif, s'éreintant sur son ténor ou son soprano. Ses comparses ne sont pas en reste. Comme à son habitude François Gallix est en lévitation, perché dans son interprétation (on note une très belle introduction en solo à la reprise du second set). 

Cette soirée était comme une sorte de pont entre les années 70 et un jazz d'aujourd'hui toujours revigoré par ses racines bien plantées. 

Pascal Derathé & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

                                                                                                 JAZZ    Michel Fernandez aux racines africaines du jazz

 

 

 

 

Le dernier témoignage discographique de Michel Fernandez s’intitule Passages. Ce fils spirituel d’Archie Shepp a croisé son sax avec celui du Danois John Tchicai, autre disciple de l’instigateur d’Attica Blues. Longtemps étiqueté avant-garde, Fernandez demeure un saxophoniste qui cherche à mettre en avant les racines africaines du jazz. Son admiration pour John Coltrane et Fela Kuti ne font pas mystère. Il suffit de l’écouter et de se laisser séduire par la grande spiritualité qui se dégage de son instrument et de ses compositions.

 

Avec son dernier album, « Passages », Michel Fernandez nous propose un retour dans les terres du Free Jazz, celles arpentées au début des années soixante par Don Cherry, John Tchicai et surtout par l’immense John Coltrane. La présence de ce dernier est particulièrement prégnante sur ce disque, ce qui place la barre assez haut. En effet, évoquer la musique d’un autre musicien dans ses compositions c’est prendre le risque de la comparaison et vu la référence, on imagine aisément l’ampleur du challenge.

Pour relever le défi, le saxophoniste lyonnais (soprano et ténor) s’est entouré d’une belle rythmique avec Jack Pirastru à la batterie, Linda Gallix au piano et François Gallix à la contrebasse. Les compositions de l’album sont pour la plupart signées Michel Fernandez, hormis le titre « Bird Boy » de Don Cherry et l’original « Sardegna I love » du batteur Jack Pirastru.

Take the A Trane

Le premier titre, « Train for Trane », première étape de ce voyage (en train) à la rencontre de John Coltrane, donne bien l’orientation de l’album. Le saxophone y évoque le maître sur le thème mais surtout sur l’improvisation très énergique et très Free. Côté piano, Linda Gallix évoque McCoy Tyner (pianiste de Coltrane sur des albums mythiques comme « A Love Supreme » ou « Crescent ») et ses accords joués arpégés, presque comme une harpe. Outre des similitudes dans la façon de jouer, la ressemblance est appuyée par un son de piano très « rétro », semblable aux enregistrements de l’époque.

Cette ressemblance avec la musique de Coltrane se confirme sur les titres suivants. Nous retrouvons, en effet, chez Michel Fernandez cette même tendance vers un Free un peu mystique, surtout sur « Dedans Dehors » ou sur « Balade à Jamaâ El Fna ». Le morceau « Brumes », quant à lui, fait très fortement penser au « Crescent » de Coltrane. On y retrouve ce son de saxophone, langoureux et majestueux, tout en tremolos bien contrôlés. Notons sur ce titre un joli solo de contrebasse qui dévoile un peu plus du talent de François Gallix. « Sardegna I love », passé une sympathique introduction de champs et percussions, évoque également l’illustre saxophoniste. On se prend ainsi à vouloir compléter le thème de ce morceau par celui de « Résolution » de Coltrane.

Afrique et développements … live!

Des influences africaines sont également sensibles sur certains titres. « Bird Boy » fait ainsi penser au « Watermelon man » de Hancock avec son intro à la flûte yoruba (sur Head Hunters). Monk in Africa, outre le titre, se réfère également à l’Afrique et à ses rythmes, avec une intro très jungle et une belle improvisation de batterie. « 7 for Tchicai », hommage au saxophoniste danois John Tchicai, est également dans le ton par le rapport à la mort qu’il présente. Aux pleurs et lamentations du deuil, sur le début du morceau, succède un groove qui comme dans un Gospel ramène la bonne humeur et permet d’envisager l’avenir.

 

« Passages » est un bon album et le quartet de Michel Fernandez une formation solide. En live, libéré des contraintes de l’enregistrement, on imagine cependant que le groupe peut donner encore d’avantage. On sent sur ce disque une énergie, légèrement brimée, qui ne demande qu’à s’exprimer. Le live devrait permettre à tous, leader comme sidemen, de développer des improvisations plus libres et au public d’en profiter un peu plus longtemps. Vincent Morrin Jazz in Lyon septembre 2016

Jazz, Michel Fernandez saxophoniste

Publié le janvier 24, 2016

 

Partir, c’est mourir un peu mais c’est aussi ouvrir des « passages », Michel Fernandez s’y emploie…

Un passager clandestin ?

 


Michel Fernandez est saxophoniste. Il participe des présents du jazz en se situant dans la lignée de John Coltrane, comme presque tout le monde de nos jours, mais aussi de John Tchicai – un mélange Congo/Europe du Nord, le chaud et le froid – et de l’afro beat de Fela Kuti. Un héritage qu’il fait fructifier en le rendant présent, en lui redonnant du sang neuf. Il connaît ce profond adage du jazz, « Je t’aime, je te respecte mais je ne t’imite pas parce que tu m’as influencé ». Aucune copie mais une inspiration commune. Le rêve de la musique comme une réponse à la folie du monde. John Tchicai est sans doute le moins connu de ce « club des cinq » – dont Archie Shepp et Leroy Jones – réuni au début des années 60 pour un album ESP d’avant garde. Sa leçon doit être;pourtant retenue, rester soi-même tout en intégrant les bruits du monde. Michel Fernandez à participé à ces recherches.
Il vient à la fois de sortir un nouvel album, « Passages » entre l’avant et l’après, entre hier et demain, entre lui et lui peut-être – et de constituer un nouveau quartet : Linda Gallix au piano, François Gallix à la contrebasse et Jack Pirastru à la batterie. Ils font la preuve que l’énergie, le plaisir de jouer, de créer ne font pas partie du passé. Ils et elle partagent cette intensité de cette musique qui ne supporte pas la tiédeur. Des compostions qui intègrent allègrement le free jazz, les rocks et les musiques du monde. Il faut insister sur l’allégresse qui fait la preuve que ce quartet fonctionne. Ces quatre là sont des passagers clandestins d’un bateau qui n’est pas fait pour eux.
Un album réussi. Cerise sur le gâteau, cet enregistrement est réalisé pour un nouveau label, « Jazz in situ Records ». Un petit nouveau qu’il faut saluer comme il se doit et lui souhaiter une longue vie au service de ces musiques trop souvent laissées dans l’ombre.
Nicolas Béniès.
« Passages », Michel Fernandez quartet, Jazz in situ records, contactjazzinsitu@gmail.com

Nous avons écouté cette semaine


Passages du Michel Fernandez Quartet.

 

Le saxophoniste Michel Fernandez est de retour avec un nouveau projet et un nouveau quartet qui font l'objet de l'album "Passages" qui vient de sortir sur le label "Jazz in Situ Records".

Entouré de musiciens très expérimentés : la pianiste Linda Gallix, le contrebassiste François

Gallix et le batteur Jack Pirastru, Michel Fernandez peut laisser s'exprimer librement ses

saxophones (ténor et soprano ) dans les directions qui ont toujours, presque obsessionnellement,

caractérisé sa musique à savoir le jazz de ses maîtres Coltrane et Don Cherry alliée à des

influences africaines mêlant maghreb et afro-beat.

C'est donc presque naturellement que l'album s'ouvre sur la composition de Michel Fernandez

intitulé Train for Trane, évocation de John Coltrane régulièrement joué en concert et déjà

enregistré sur un précédent album mais qui permet de démontrer ici toute l'expressivité de ce

nouveau quartet en créant un écrin propice aux improvisations et au souffle carrément envoûtant du ténor du leader.

Place ensuite à une reprise du thème de Don Cherry Bird Boy où s'envole tout en délicatesse le sax soprano de Michel Fernandez pendant que la rythmique l'enveloppe toujours de son écrin

stimulant et délicat. Les teintes africaines sont très présentes dans Ballade à Jamaâ El-Fna (un

autre thème fétiche de Michel Fernandez) ainsi que dans la très explicite composition Monk in

Africa qui fait la part belle à la batterie de Jack Pirastru .

La révélation de l'album éclate dans la superbe balade Brumes où le sax velouté sait s'effacer pour laisser toute sa place au piano stylé de Linda Gallix. Un hommage respectueux est rendu au

saxophoniste John Tchicai, un pionnier du free jazz qui croisa à la fois la route de John Coltrane et de John Lennon avant de croiser dans sa période européenne des années 2000 celle de Michel

Fernandez . 7 for Tchicai a la gravité d'un hommage tout en portant aussi un puissant message de liberté et d'espoir.

Sans artifice dans une démarche qui allie parfaitement classicisme et modernité, ce quartet apporte un nouveau souffle aux compositions très élaborées de Michel Fernandez. Chaudement

recommandé. L'album est disponible auprès de Jazz In Situ (contactjazzinsitu@gmail.com) ainsi

que sur les plateformes de téléchargement et de streaming .

 

Gérard Brunel   New Letter Jazz Rhône-Alpes de novembre 2015

Michel Fernandez est un saxophoniste particulier dans le microcosme du jazz rhônalpin. Issu de la mouvance free, il a toujours gardé un fond de révolte anarchiste dans son jeu, une quête de liberté tantôt pacifique, tantôt violente, toujours sincère.

Chaque album (je les possède tous, l'amitié qui nous lie remontant à l'enfance) est une expérience musicale nouvelle et à chaque fois, les musiciens qui l'accompagnent y donnent le meilleur d'eux-mêmes. Pour son nouvel opus, "Passages" (voir la chronique de Gérard Brunel), il s'est entouré de François Gallix à la contrebasse, vieux compagnon de route, de Linda Gallix au piano et de Jack Pirastru à la batterie.

Comme à chaque soir de pleine lune, "l'oiseau sur sa branche" ouvre ses portes au jazz. Après s'être régalé du contenu d'une cagette, le concert commence devant une salle pleine. Quel plaisir de voir que le public se déplace en semaine pour se laisser envoûter par l'univers chamanique de ce quartet. Détail important : Linda Gallix inaugure un piano nouvellement installé sur la micro-scène ! C'est peut-être un détail pour vous, mais un détail qui veut dire beaucoup !

Avec Michel, Don Cherry et Ornette Coleman ne sont jamais bien loin et il leur rend hommage en début de chaque set avec respectivement Bird Boy et Lovely woman. Le ton étant donné, le concert s'évade avec des compositions de Michel, comme Train for Trane ou Brumes, magnifique ballades.

Un bel hommage à Coltrane avec une version déchirante d'Equinox dont Michel sort épuisé. Respect !

Le souffle de Michel Fernandez est un vent, semblable au Sirocco, chaud et puissant. Il porte avec lui les poussières d'Afrique, les senteurs de Cuba ... la contrebasse de François Gallix l'accompagne à chaque instant, avec la même chaleur, la même présence, le jeu de Jack Pirastru se fait discret, léger pour s'affirmer au bon moment. Linda Gallix vient ponctuer les morceaux de chorus de piano finement ciselés, petites touches finales sur ces jolis tableaux.

En fin de concert, le groupe nous offre une belle compo de Jack Pirastru, Sardegna I Love, agrémentée de chants sardes et un blues de Jim Pepper en rappel de quoi faire taper des pieds et des mains le public, entrainement avant d'affronter la froideur hivernale.

Un bon moment de chaleur et d'amitié ! 

Eric Torlini New Letter Jazz Rhône-Alpes   

Brazza Cry Michel Fernandez Quartet

Disques Futura et Marge

Production Gérard Terronès

Juin 2017

Disques Futura et Marge
Productions GérardTerronès     
              

 

 

crédits photos:

Pascal Dérathé

Gérald Bortoluzzi

Géo

Léa Fernandez